Huile d’olive et santé cardiovasculaire : que dit la science ?
L’huile d’olive occupe une place importante dans l’alimentation méditerranéenne. Elle apporte notamment des acides gras mono-insaturés, ainsi que différents composés naturellement présents dans l’huile, comme les polyphénols et la vitamine E. Mais quel est réellement le lien entre huile d’olive et santé cardiovasculaire ?
Les recherches scientifiques s’intéressent depuis plusieurs années à cette relation. Elles suggèrent notamment qu’une alimentation de type méditerranéen, dans laquelle l’huile d’olive remplace certaines matières grasses riches en acides gras saturés, peut contribuer à réduire le risque cardiovasculaire. Toutefois, l’huile d’olive ne constitue ni un médicament ni un traitement à elle seule.
Découvrons ce que montrent les études et comment intégrer l’huile d’olive dans une alimentation équilibrée.
Pourquoi l’huile d’olive intéresse-t-elle la santé cardiovasculaire ?
Les maladies cardiovasculaires regroupent notamment les maladies qui touchent le cœur et les vaisseaux sanguins. Leur prévention repose sur plusieurs facteurs : alimentation équilibrée, activité physique, absence de tabagisme, contrôle de la tension artérielle et prise en charge des facteurs de risque lorsqu’elle est nécessaire.
Dans ce contexte, la qualité des matières grasses consommées joue également un rôle.
L’huile d’olive contient principalement des acides gras mono-insaturés, dont l’acide oléique, également appelé oméga-9. Elle apporte aussi des composés mineurs, notamment des polyphénols et de la vitamine E.
Les recommandations françaises encouragent d’ailleurs à privilégier les huiles végétales riches en acides gras insaturés, notamment l’huile d’olive, tout en rappelant que toutes les huiles restent des matières grasses et doivent être consommées dans des quantités adaptées.
Quels composants de l’huile d’olive peuvent jouer un rôle ?
L’acide oléique et les acides gras mono-insaturés
L’acide oléique constitue l’un des principaux acides gras de l’huile d’olive. Il appartient à la famille des acides gras mono-insaturés.
L’intérêt de l’huile d’olive ne repose cependant pas uniquement sur sa composition. Son intérêt alimentaire apparaît notamment lorsqu’elle remplace des matières grasses riches en acides gras saturés.
Les acides gras saturés peuvent favoriser l’augmentation du cholestérol LDL. À l’inverse, les matières grasses riches en acides gras insaturés, comme l’huile d’olive, s’intègrent plus favorablement dans une alimentation destinée à préserver la santé cardiovasculaire.
Les polyphénols
L’huile d’olive contient également différents composés phénoliques. Leur quantité varie notamment selon le type d’huile, la variété d’olive, la récolte, la transformation et la conservation.
Ces composés intéressent particulièrement les chercheurs en raison de leurs propriétés antioxydantes et de leurs interactions avec différents mécanismes biologiques.
Une revue systématique publiée en 2025 a analysé 17 études cliniques portant sur l’huile d’olive vierge et la santé cardiovasculaire. Les auteurs rapportent des résultats favorables sur plusieurs marqueurs cardiovasculaires, tout en soulignant la nécessité de nouvelles études pour mieux préciser ces effets.
Il faut donc éviter de présenter les polyphénols comme une solution thérapeutique. Ils constituent plutôt l’un des éléments qui expliquent l’intérêt nutritionnel de l’huile d’olive.
La vitamine E
L’huile d’olive apporte également de la vitamine E, qui possède des propriétés antioxydantes.
Cependant, il serait réducteur d’attribuer les éventuels effets cardiovasculaires de l’huile d’olive à un seul nutriment. Son intérêt s’inscrit dans l’ensemble de sa composition et, surtout, dans le contexte alimentaire global.

Huile d’olive et cholestérol : que sait-on ?
Le cholestérol est indispensable au fonctionnement de l’organisme. Toutefois, un taux élevé de cholestérol LDL constitue un facteur de risque cardiovasculaire.
Dans l’alimentation, l’un des leviers importants consiste à limiter les excès d’acides gras saturés et à privilégier les sources de graisses insaturées.
L’huile d’olive peut donc trouver sa place dans cette approche, notamment lorsqu’elle remplace le beurre ou d’autres matières grasses riches en acides gras saturés.
L’huile d’olive fait-elle baisser le cholestérol LDL ?
Il faut rester prudent avec cette formulation.
L’huile d’olive ne doit pas être présentée comme un produit destiné à faire baisser à elle seule le cholestérol LDL. Son intérêt dépend notamment de ce qu’elle remplace dans l’alimentation.
Par ailleurs, les recherches consacrées spécifiquement aux polyphénols de l’huile d’olive donnent des résultats qui ne permettent pas d’affirmer un effet systématique sur le LDL.
En 2025, l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a notamment conclu que les données disponibles ne permettaient pas d’établir une relation de cause à effet entre les composés phénoliques naturellement présents dans l’huile d’olive et une diminution du LDL-cholestérol ou de la pression artérielle.
Cette nuance est importante : les résultats scientifiques sont intéressants, mais ils ne justifient pas de transformer l’huile d’olive en promesse médicale.
Que montrent les études sur l’huile d’olive et le risque cardiovasculaire ?
L’étude PREDIMED
L’étude PREDIMED constitue l’une des recherches les plus connues sur l’alimentation méditerranéenne et le risque cardiovasculaire.
Cette étude espagnole a suivi 7 447 personnes âgées de 55 à 80 ans présentant un risque cardiovasculaire élevé, mais qui ne souffraient pas de maladie cardiovasculaire au début de l’étude.
Les participants ont été répartis entre trois groupes : un régime méditerranéen complété par de l’huile d’olive extra-vierge, un régime méditerranéen complété par des fruits à coque et un groupe témoin auquel on recommandait de réduire les matières grasses.
Après un suivi médian de 4,8 ans, les deux groupes suivant un régime méditerranéen présentaient moins d’événements cardiovasculaires majeurs que le groupe témoin.
Le résultat souvent cité de 30 % doit donc être compris dans son contexte : il concerne une intervention alimentaire de type méditerranéen supplémentée en huile d’olive extra-vierge, et ne signifie pas que consommer de l’huile d’olive seule réduit de 30 % le risque cardiovasculaire.
Les études observationnelles sur la consommation d’huile d’olive
Certaines études observationnelles ont également retrouvé une association entre une consommation plus importante d’huile d’olive et un risque cardiovasculaire plus faible.
Par exemple, une analyse réalisée dans la cohorte PREDIMED a observé une association entre une consommation plus élevée d’huile d’olive, notamment extra-vierge, et un risque réduit de maladie cardiovasculaire.
Cependant, les études observationnelles permettent principalement d’identifier des associations. Elles ne permettent pas toujours de déterminer avec certitude qu’un aliment est directement responsable d’un effet donné.
Que disent les recherches récentes ?
Les recherches récentes continuent d’étudier les liens entre huile d’olive, polyphénols, fonction vasculaire, inflammation et différents marqueurs cardiovasculaires.
Une revue systématique publiée en 2025 conclut que plusieurs études cliniques rapportent des effets favorables de l’huile d’olive vierge sur certains paramètres cardiovasculaires. Les auteurs soulignent toutefois que des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer et mieux comprendre ces effets.
Une autre revue récente consacrée aux polyphénols de l’huile d’olive extra-vierge décrit plusieurs mécanismes potentiellement intéressants pour la santé cardiovasculaire, tout en rappelant que les résultats des études humaines ne sont pas toujours uniformes et que la taille ou la durée de certaines études restent limitées.
Quels mécanismes pourraient expliquer cet intérêt ?
Les chercheurs étudient plusieurs mécanismes pouvant expliquer les associations observées entre huile d’olive et santé cardiovasculaire.
Le stress oxydatif
Les composés antioxydants présents dans certains aliments peuvent contribuer à limiter les phénomènes liés au stress oxydatif.
Les polyphénols de l’huile d’olive font notamment partie des composés étudiés pour leur capacité à intervenir dans ces mécanismes.
Cependant, il ne faut pas transformer cette propriété en promesse de prévention ou de traitement d’une maladie.
La fonction des vaisseaux sanguins
La fonction de l’endothélium, la couche de cellules qui tapisse l’intérieur des vaisseaux sanguins, constitue également un domaine de recherche important.
Certaines études ont observé des modifications favorables de marqueurs liés à la fonction vasculaire après la consommation d’huile d’olive riche en composés phénoliques. Toutefois, les résultats disponibles restent variables selon les études.
L’inflammation
L’inflammation chronique intervient dans différents processus cardiovasculaires. Les polyphénols de l’huile d’olive sont étudiés pour leurs interactions avec plusieurs mécanismes impliqués dans la réponse inflammatoire.
Là encore, ces données expliquent l’intérêt scientifique porté à l’huile d’olive, mais ne permettent pas de la considérer comme un anti-inflammatoire ou comme un traitement médical.
L’huile d’olive vierge extra est-elle particulièrement intéressante ?
Toutes les huiles d’olive ne présentent pas exactement la même composition en composés mineurs.
L’huile d’olive vierge extra est obtenue selon des procédés mécaniques et conserve naturellement différents composés présents dans l’olive. Sa teneur en polyphénols peut notamment varier selon la variété, le degré de maturité des olives, les conditions de production et la conservation.
Les polyphénols sont particulièrement intéressants dans les recherches consacrées à l’huile d’olive extra-vierge. Toutefois, plus de polyphénols ne signifie pas automatiquement un effet cardiovasculaire garanti.
Pour choisir une huile, le goût, l’origine, la qualité, la fraîcheur et les conditions de conservation sont également importants.
Comment intégrer l’huile d’olive dans une alimentation équilibrée ?
L’objectif n’est pas d’ajouter systématiquement davantage de matières grasses à son alimentation. Il s’agit plutôt de choisir des sources de matières grasses adaptées et de les utiliser en remplacement d’autres matières grasses lorsque cela est pertinent.
En assaisonnement
L’huile d’olive accompagne facilement :
- les salades ;
- les crudités ;
- les légumes cuits ;
- les légumineuses ;
- les céréales ;
- les poissons ;
- les soupes et veloutés.
Elle permet également d’apporter une dimension gustative aux plats sans multiplier les sauces préparées.
Pour la cuisson
L’huile d’olive peut être utilisée en cuisine, notamment pour faire revenir doucement des légumes ou préparer différents plats du quotidien.
Le choix d’une matière grasse doit toutefois tenir compte du type de préparation, de la température et du goût recherché.
En remplacement d’autres matières grasses
L’un des intérêts nutritionnels de l’huile d’olive est particulièrement visible lorsqu’elle remplace certaines matières grasses riches en acides gras saturés.
Par exemple, remplacer régulièrement le beurre par une huile végétale riche en acides gras insaturés peut s’inscrire dans une alimentation plus favorable à la santé cardiovasculaire.

Quelle place dans le régime méditerranéen ?
L’huile d’olive constitue un élément important du régime méditerranéen, mais elle n’en représente qu’une partie.
Ce modèle alimentaire privilégie également les légumes, les fruits, les légumineuses, les céréales complètes, les fruits à coque, le poisson et une consommation modérée de certains produits d’origine animale.
C’est donc l’ensemble du modèle alimentaire qu’il faut prendre en compte.
Les résultats de PREDIMED illustrent justement cette approche : l’étude a évalué des régimes méditerranéens complets, et non l’effet isolé de l’huile d’olive.
Huile d’olive et santé cardiovasculaire : ce qu’il faut retenir
L’huile d’olive peut parfaitement trouver sa place dans une alimentation favorable à la santé cardiovasculaire.
Son intérêt repose notamment sur :
- sa richesse en acides gras mono-insaturés ;
- la présence de composés phénoliques dans certaines huiles ;
- sa place dans le régime méditerranéen ;
- la possibilité de l’utiliser à la place de certaines matières grasses riches en acides gras saturés.
Les études scientifiques sont globalement encourageantes, mais elles ne permettent pas de considérer l’huile d’olive comme un traitement ou comme une protection garantie contre les maladies cardiovasculaires.
Pour prendre soin de son cœur, il faut donc privilégier une alimentation globale et équilibrée, associée aux autres habitudes de vie favorables à la santé cardiovasculaire.
FAQ – Huile d’olive et santé cardiovasculaire
L’huile d’olive est-elle bonne pour le cœur ?
L’huile d’olive peut s’intégrer dans une alimentation favorable à la santé cardiovasculaire. Elle apporte principalement des acides gras mono-insaturés et peut remplacer certaines matières grasses riches en acides gras saturés. Son intérêt doit cependant être considéré dans le cadre de l’alimentation globale.
L’huile d’olive fait-elle baisser le cholestérol ?
Il est préférable de ne pas présenter l’huile d’olive comme un traitement contre le cholestérol. Son principal intérêt nutritionnel réside notamment dans le remplacement de matières grasses riches en acides gras saturés par des matières grasses riches en acides gras insaturés.
Quelle différence entre huile d’olive et huile d’olive vierge extra ?
L’huile d’olive vierge extra appartient à une catégorie particulière d’huiles d’olive vierges obtenues par des procédés mécaniques. Sa composition en composés phénoliques peut être intéressante, mais celle-ci varie selon de nombreux facteurs, notamment la variété d’olive, la récolte et la conservation.
Peut-on cuisiner avec de l’huile d’olive ?
Oui. L’huile d’olive peut être utilisée dans différentes préparations culinaires. Elle convient notamment à l’assaisonnement et à de nombreuses cuissons du quotidien.
Les polyphénols de l’huile d’olive sont-ils bénéfiques ?
Les polyphénols de l’huile d’olive font l’objet de nombreuses recherches et présentent des propriétés biologiques intéressantes. Toutefois, les résultats cliniques ne permettent pas d’attribuer à ces composés un effet cardiovasculaire précis et garanti. L’EFSA n’a notamment pas établi de relation de cause à effet entre les composés phénoliques naturellement présents dans l’huile d’olive et une diminution du LDL-cholestérol ou de la pression artérielle.
Quelle quantité d’huile d’olive faut-il consommer ?
Il n’existe pas une quantité universelle adaptée à tout le monde. L’huile d’olive reste une matière grasse et doit être intégrée dans l’ensemble des apports alimentaires. L’objectif consiste surtout à privilégier des matières grasses de bonne qualité sans augmenter excessivement la quantité totale consommée.
L’huile d’olive suffit-elle à protéger le système cardiovasculaire ?
Non. Aucun aliment ne suffit à lui seul à prévenir les maladies cardiovasculaires. L’alimentation, l’activité physique, le tabac, la tension artérielle, le cholestérol et d’autres facteurs de risque doivent être considérés dans leur ensemble.




